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7 mars 2022, J moins 34

Le Conseil constitutionnel a tranché : douze candidats peuvent se présenter à l'élection présidentielle de 2022. Ils se nomment Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Philippe Poutou, Fabien Roussel et Éric Zemmour. L'électeur aura donc le choix entre l'étatiste dur, l'étatiste forcené, l'étatiste woke et l'étatiste chérissant des rêves de fer.

"Un salut nazi filmé au meeting d'Éric Zemmour à Toulon" titre le HuffingtonPost, montrant une courte séquence où un homme, assis dans le public d'hier, tend le bras droit. La vidéo complète semble plutôt indiquer un salut anodin et sans volonté de reproduire le geste national-socialiste. En écrivant cela je me fourvoie, car le journal reproduit la réaction de Reconquête : "Il s’agit d’un participant inconnu qui a été sorti du meeting. Aucun geste de la sorte n’est toléré dans nos meetings." Ah bon ! S'il a "été sorti du meeting", c'est alors que ce geste inadmissible faisait référence à une idéologie indésirable : l'aveu est dans la réponse. Zemmour et les siens attirent décidément de bien sinistres individus. Ce n'est pas forcément mieux ailleurs, observera-t-on. Sans doute. Cela ne retire rien à la gravité de l'incident, reconnue par l'entourage même du candidat, qui contribue à perpétuer le clair-obscur interlope où se complaît une certaine périphérie zemmourienne.

Le dernier sondage ne laisse entrevoir aucune rémission : Macron touche aux 30%, loin devant Le Pen qui, avec 18%, distance Pécresse, 13%. Zemmour, quatrième, est talonné par Mélenchon (11% et 10% respectivement). Le reste végète.

Sondage OpinionWay - 4-7 mars
Sondage OpinionWay - 4-7 mars

Zemmour table sur le ralliement de Marion Maréchal pour reprendre sa marche en avant et, avant tout, enrayer la chute. La jeune femme est maintenant sous le feu des Républicains, qui diffusent à grande échelle un florilège d'extraits où on la voit encenser la Russie et son chef clairvoyant. La technique, si bien maîtrisée par l'état-major numérique de Zemmour, se retourne contre Reconquête. Le renvoi d'ascenseur est dévastateur, quand l'actualité aligne, heure après heure, des reportages à glacer le sang sur les horreurs perpétrées par l'armée de Poutine.

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6 février 2022

Match nul : Zemmour et Le Pen à égalité dans le dernier sondage , et les commentateurs estiment que les deux candidats ont pareillement réussi leur grand rassemblement d'hier. Je trouve cette unanimité un rien forcée. Le meeting de Lille fut objectivement une grande réussite - je laisse ici de côté les critiques sur le fond - qui doit beaucoup aux talents d'orateurs de Zemmour. Il s'est surpassé, il faut le reconnaître, et prouve qu'il a su donner une nouvelle dimension à sa posture d'homme public. Son audience est portée par une vague d'enthousiasme que l'on chercherait en vain auprès des partis concurrents. L'exaltation débridée autour du candidat où s'exprime, contre toute attente, une certaine jeunesse, donne raison à ceux qui ont cru en lui quand tout le monde se moquait d'un béjaune promis à être croqué tout cru. Habilement, il annonce reprendre aussi bien des mesures de Macron que de Sarkozy, du moment que ces mesures lui paraissent bénéfi...

29 mars 2022, J moins 12

Zemmour revendique une audience de 7 millions de Français, en 24 heures, pour son rassemblement du Trocadéro. Le total est obtenu en additionnant les audiences des différentes télévisions et chaînes de l'internet et en ajoutant les 100 000 personnes qui se sont déplacées, selon les organisateurs. On ne sait pas trop comment il en conclut que ce sont tous des Français (ou plutôt si, on sait qu'il est tombé une nouvelle fois dans le péché d'orgueil), et il ne peut ignorer qu'une connexion ne représente pas un citoyen. Mais assez de chipotage, je suis le dernier à penser que l'événement fut un échec. 7 millions pour Zemmour ( lien ) Ce succès sert sa défense : l'événement est une réussite si manifeste que seuls des journalistes jaloux, ou empressés à soutenir la Macronie, s'obstinent à déplorer les dix secondes où retentirent les "Macron, assassin", parole aussi regrettable qu'inaudible pour peu que l'on soit juché sur une estrade en plein air...

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