Accéder au contenu principal

24 mars 2022, J moins 17

Dans la lignée de la tendance actuelle, Zemmour, après s'être confié sur ses parents et son rapport à la foi, fait maintenant apparaître un de ses fils, Thibault, dans une émission de YouTube. Il ne manque plus qu'un "bonne chance mon papa" pour parfaire le tableau. À quand la présentation des chiens de la maison Zemmour, de la collection de chips en forme de bicorne napoléonien ou de sous-bocks Corona à l'effigie de Jacques Chirac ? Gare, sinon cette campagne s'achèvera comme Le Dîner de cons.

Benjamin Morel, dans le FigaroVox, explique l'une des raisons de la chute (dans les sondages, s'entend) de Reconquête : la sortie du silence des abstentionnistes ne s'opère pas à son profit. "Au bout du compte, Le Pen et Mélenchon avaient des réserves dans l'abstention ; pas Zemmour et Pécresse." Ajoutons la position du candidat sur la Russie et la disparition de son thème-fétiche assimilationniste du débat actuel.

C'est précisément pour se replacer au centre de l'agora qu'il détaille dans un nouveau communiqué son idée de Ministère de la Remigration.

Zemmour sur la remigration
Zemmour sur la remigration (ici)

C'est maintenant seulement que se révèle à moi l'aspect sulfureux (méphitique ?) du terme. Je le comprends grâce passage en gras "ce ministère ne sera en aucun cas chargé de renvoyer des Français". Évidence ? Que nenni. Pour une partie de "l'ultra-droite", le principe de remigration doit également renvoyer des Français non assimilés, ceux que Jean-Marie Le Pen, autrefois, appelait des "Français de papier". On les désigne autrement, dans certains milieux, sous le nom de colons. Zemmour précise qu'il ne s'inscrit pas dans cette tradition, faisant une distinction préalable entre les nationaux et les autres. Tiens, je me demande soudain à qui s'adressait, jadis, l'injonction de Philippe de Villiers "La France, tu l'aimes ou tu la quittes" : à de seuls étrangers ? Pas sûr.

Article de la veille    Article du lendemain

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

6 février 2022

Match nul : Zemmour et Le Pen à égalité dans le dernier sondage , et les commentateurs estiment que les deux candidats ont pareillement réussi leur grand rassemblement d'hier. Je trouve cette unanimité un rien forcée. Le meeting de Lille fut objectivement une grande réussite - je laisse ici de côté les critiques sur le fond - qui doit beaucoup aux talents d'orateurs de Zemmour. Il s'est surpassé, il faut le reconnaître, et prouve qu'il a su donner une nouvelle dimension à sa posture d'homme public. Son audience est portée par une vague d'enthousiasme que l'on chercherait en vain auprès des partis concurrents. L'exaltation débridée autour du candidat où s'exprime, contre toute attente, une certaine jeunesse, donne raison à ceux qui ont cru en lui quand tout le monde se moquait d'un béjaune promis à être croqué tout cru. Habilement, il annonce reprendre aussi bien des mesures de Macron que de Sarkozy, du moment que ces mesures lui paraissent bénéfi...

29 mars 2022, J moins 12

Zemmour revendique une audience de 7 millions de Français, en 24 heures, pour son rassemblement du Trocadéro. Le total est obtenu en additionnant les audiences des différentes télévisions et chaînes de l'internet et en ajoutant les 100 000 personnes qui se sont déplacées, selon les organisateurs. On ne sait pas trop comment il en conclut que ce sont tous des Français (ou plutôt si, on sait qu'il est tombé une nouvelle fois dans le péché d'orgueil), et il ne peut ignorer qu'une connexion ne représente pas un citoyen. Mais assez de chipotage, je suis le dernier à penser que l'événement fut un échec. 7 millions pour Zemmour ( lien ) Ce succès sert sa défense : l'événement est une réussite si manifeste que seuls des journalistes jaloux, ou empressés à soutenir la Macronie, s'obstinent à déplorer les dix secondes où retentirent les "Macron, assassin", parole aussi regrettable qu'inaudible pour peu que l'on soit juché sur une estrade en plein air...

1er février 2022

"Le son, le bruit, que vous aimez ?" demande Pascal Praud à Éric Zemmour. Là, on se dit que le candidat ne va pas oser citer quelque chanson de variété d'un groupe anglais. On veut croire qu'il aura pris la mesure de la mission dont il s'est lui-même emparé avec tant de fougue, qu'en toute conscience de la nécessité d'inscrire sans combat dans une filiation millénaire, il se sera mis en mémoire quelque grand nom qui fit tant pour la splendeur musicale de notre pays. On prie le Ciel pour voir cet esthète si fier de l'héritage national interroger sa conscience - Madamina, il catalogo ? - pour hésiter un instant entre Auber, Bizet, Couperin, Dutilleux, Escaich, Fauré, Gounod, Hahn, Ibert, Jolivet, Koechlin, Lalo, Milhaud, Niedermeyer, Offenbach, Poulenc, Quinault, Rameau, Satie, Tomasi, Uc de Saint-Circ, Varèse, Widor, Xenakis, Yvain ou Zygel. Et l'on se refuse à admettre qu'il va citer, tout fier de lui, une banalité ressassée comme, disons, le...