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3 février 2022

Dans un joyeux chamboule-tout, la sphère zemmourienne dézingue les Républicains. Un homme à la manœuvre, dit-on, Damien Rieu, expert de ce genre d'actions-éclairs et assassines. Le mot-clef "islamodroitisme", installé un temps dans les plus fortes tendances, a permis à ses promoteurs de rappeler les liens parfois étroits, parfois troublants, et peut-être parfois injustes, entre le grand parti de droite et des acteurs de l'islamisme. On retrouve ici une manœuvre qui avait été fatale à celui qui avait en son temps été surnommé "Ali" Juppé.

Consternation autour de Valérie Pécresse, qui organise aussitôt une cellule de crise. Le Monde, parmi d'autres journaux, se fait le relais de cette série de coups bas dont LR fait les frais. "On m'a mis une cible dans le dos", signale Patrick Karam, conseiller régional d’Ile-de-France et l'une des cibles privilégiées de l'offensive. Trois plaintes en justice seront déposées, promet l'avocat Thibault de Montbrial. Damien Rieu s'en réjouit : "ça va être une tribune formidable pour dénoncer l'islamodroitisme".

D. Rieu : "Hâte d'être au procès"
D. Rieu : "Hâte d'être au procès" (lien)

Vu de l'extérieur, il est difficile de savoir si les éléments à charge reposent sur des bases solides. Le Monde ne mène pas ce genre d'enquête et laisse ses lecteurs dans le doute. Pari délicat, ce "mieux vaut le taire" faisant in fine le lit de la "fachosphère".

Il reste permis d'être troublé par certaines phrases dans la plus pure tradition "pas d'amalgame" ou "chances pour la France" imprudemment proférées par la droite classique en réponses à diverses atrocités. Après tout, ce sont peut-être ces simples accommodements raisonnables, dans la plus parfaite lignée de la posture mainstream, qui suffisent à rendre Mme Pécresse et ceux qui l'entourent complices objectifs d'un fondamentalisme qui veut notre peau, et se frotte les mains devant l'affable renoncement prôné par certains politiques, que cela soit par naïveté ou manœuvre clientéliste.

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