Accéder au contenu principal

12 février 2022

Saulieu, en Bourgogne. Face à une salle indisciplinée, Zemmour peine à dérouler son discours. Acclamations à contre-temps, hurlement épars et réactions inappropriées aux traits d'esprit ont ébranlé le candidat, ce qui ne l'empêcha nullement de réaffirmer ses thèmes favoris, avec une mention particulière pour la France rurale et les piques envers Pécresse.

La péroraison, calquée sur celle du précédent meeting (Zemmour : "la fraternité entre compatriotes ?", la foule : "c'est nous !" ; "le peuple qui respecte le passé et l'avenir ?", la foule : "c'est nous !" ; la reconquête ?", la foule : "c'est nous !" ; "vivent nos pères et nos mères...", la foule, emportée par son élan et fort mal à propos : "c'est nous !"), n'avait ni la fraîcheur, ni l'entrain de son modèle, Zemmour se réfugiant derrière une curieuse réserve. La faute au déjeuner du Relais Bernard Loiseau, 2 avenue Bernard Loiseau, 21210 Saulieu ? La pire des choses qui pourrait arriver à cette candidature hors norme est précisément la normalisation, le train-train du triomphe local et tranquille dans la plaisante digestion d'un repas gastronomique.

Le rassemblement fut précédé par une manifestation houleuse d'extrémistes de gauche, comme il se doit. Le Bien Public nous indique qu'une jeune femme a dû être hospitalisée pour une plaie de 7 centimètres à la tête. On se demande quel type d'arme ou d'outil a pu provoquer une telle lésion. Je fouille Google News pour savoir si l'agresseur est un partisan de Zemmour ou l'un de ses opposants. Je ne trouve rien sur le sujet - ce qui est déjà une information en soi.

Article de la veille    Article du lendemain

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

6 février 2022

Match nul : Zemmour et Le Pen à égalité dans le dernier sondage , et les commentateurs estiment que les deux candidats ont pareillement réussi leur grand rassemblement d'hier. Je trouve cette unanimité un rien forcée. Le meeting de Lille fut objectivement une grande réussite - je laisse ici de côté les critiques sur le fond - qui doit beaucoup aux talents d'orateurs de Zemmour. Il s'est surpassé, il faut le reconnaître, et prouve qu'il a su donner une nouvelle dimension à sa posture d'homme public. Son audience est portée par une vague d'enthousiasme que l'on chercherait en vain auprès des partis concurrents. L'exaltation débridée autour du candidat où s'exprime, contre toute attente, une certaine jeunesse, donne raison à ceux qui ont cru en lui quand tout le monde se moquait d'un béjaune promis à être croqué tout cru. Habilement, il annonce reprendre aussi bien des mesures de Macron que de Sarkozy, du moment que ces mesures lui paraissent bénéfi...

11 avril 2022, le jour d'après

Zemmour appelle à voter Le Pen au second tour. C'est, je crois, le seul qui ait fait ce choix, assumant les erreurs qui ont fait échouer son projet. Le geste est valeureux mais convenu, voire suspect de la part d'un homme si fier de ne jamais regretter quoi que ce soit. Ce manque d'humilité ne l'a pas servi. Le petit sourire goguenard qui avait pris l'habitude d'apparaître sur son visage lors des débats porta haut le symbole de cet orgueil : moi je sais, semblait-il dire, mieux que vous tous ; j'ai lu plus de livres que vous, et depuis plus longtemps ; j'ai mieux étudié la situation et mon analyse est imparable, car je viens nanti de ma longue expérience de la scène politique. Ce petit sourire était celui d'un fort en thème assuré de sa victoire. Comment échouer quand on maîtrise les codes et que l'on a pénétré comme personne l'inconscient d'une France qui ne voulait pas mourir ? Vaines tartarinades. À présent que le premier tour est ache...

5 avril 2022, J moins 5

Viktor Orbán triomphalement réélu en Hongrie reçoit les félicitations du Kremlin et critique Volodymyr Zelinsky. On l'a déjà lu, certains commentateurs ou élus français évoquent ouvertement une cinquième colonne poutinienne dans l'Europe démocratique. Le dictateur aurait des relais un peu partout - en Hongrie, donc, en Allemagne, naturellement, et en France : avec Zemmour et Le Pen, il tiendrait deux fers au chaud pour préparer le monde d'après, délivré de l'insupportable tutelle atlantiste et augurant d'amicales coopérations avec la grande fédération de l'Est. Dans ce contexte, plusieurs voix s'étonnent de l'apparition soudaine, dans la dernière ligne droite, du drame qui endeuilla Bobigny, en février. Cette tragédie serait-elle instrumentalisée par des esprits retors et en mission pour l'étranger ? D'un autre côté, comment penser en taire l'horreur, qui soulignerait, si les faits sont avérés, à quel point nos cités sont imprégnées d'un...