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2 janvier 2022

Victoire ! L'ennemi a fui en catimini, emportant avec lui le pavillon de la honte. La France profonde a su faire entendre raison à une classe politique qui, pour mieux s'inféoder à Bruxelles, voulait piétiner nos couleurs. La droite, l'extrême droite, l'ultra droite, la droite décomplexée, les fascistes, les chauvins au crâne rasé, les identitaires munis de barres à mine, tous jubilent comme aux plus beaux jours de l'épopée impériale. Aux aurores du 2 janvier, chacun pouvait constater que le drapeau européen, placé depuis quelques jours sous l'Arc de Triomphe, avait été enlevé sans tambours ni trompettes.

L'affaire remonte au 31 décembre. Zemmour s'était indigné de la présence sous la voûte vénérable des couleurs de l'Union européenne : « après le saccage et l'empaquetage, l'outrage. »

Zemmour : l'outrage
Zemmour : l'outrage (lien)

Marine Le Pen, Valérie Pécresse, Éric Ciotti et quelques autres firent connaître leur consternation de voir les étoiles de l'UE veiller seules sur le soldat inconnu.

Libération rappelle le contexte. Pour Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, c'était « une initiative symbolique et temporaire, qui accompagne le 1er janvier et le début de la PFUE. »

Il n'est peut-être pas inutile de préciser que « PFUE » n'est pas ce son désabusé que l'on laisse tomber au comble de l'accablement, mais le sigle désignant la « Présidence française de l'Union Européenne ». Du reste, « Le dispositif (à l’Arc de Triomphe) a été mis en place pour quelques jours, avec les illuminations ». Et si la bannière controversée a été retirée la nuit passée, c'est « conformément au timing prévu », a assuré l’Élysée à l’AFP.

Soit. Impossible de savoir si les protestations de Zemmour et d'autres ont précipité ce retrait et s'il s'agit dès lors d'un succès des insurgés. Une chose reste certaine cependant : que ceux qui nous gouvernent croient bon d'utiliser le mot « timing », sans que personne ne s'en offusque, est à mon sens un motif infiniment plus sérieux pour les amoureux de la France de sonner le tocsin.

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