Accéder au contenu principal

1er janvier 2022

Ding ! Premier janvier, voitures cramées. La coutume est si prévisible que Zemmour avait déjà préparé son communiqué posté ce matin sur Twitter (lien), avec le titre "Le 24 avril sonnera la fin de la fête antifrançaise."

"Le 24 avril sonnera la fin de la fête antifrançaise" - Tweet d'Éric Zemmour, 1er janvier 2022
"Le 24 avril sonnera la fin de la fête antifrançaise" - Tweet d'Éric Zemmour, 1er janvier 2022

Rien qui puisse nous surprendre dans ce texte, venant de Zemmour, sauf des erreurs de typographie qui n'auraient jamais dû passer le stade de la relecture. Personne n'était donc assez lucide ce matin dans l'entourage du candidat pour faire corriger ces césures intempestives ?

On attend les commentaires sur l'expression "fête antifrançaise" qui rappelle cette "anti-France" que la vieille extrême droite entendait combattre. Zemmour ne l'ignore évidemment pas. Je ne vois pas quel bénéfice il tire à perpétuer le soupçon d'une affinité avec ce que la pensée politique française a comporté de pire. Il devrait être possible de s'insurger contre les dégradations en masse sans s'inscrire de plain-pied dans l'héritage de Maurras, de Daudet ou de Pétain. Zemmour nuit à son combat en cultivant cette filiation, ou en laissant croire qu'il la cultive.

Je regarde le journal de France 2 pour savoir si, effectivement, des émeutes "ont éclaté partout en France". Les sujets défilent : les gens qui ont fait la fête malgré l'épidémie, des images de New York et Copacabana, le SMIC revalorisé, la douceur du climat, les obsèques de Desmond Tutu, un long reportage sur Casse Noisettes au Bolchoï, et un hommage à la Tour Eiffel revêtue des douze étoiles de l'Europe pour célébrer le début de sa présidence française. Ce ne sont plus des actualités, mais des reportages de Point de vue et images du Monde. Soyons indulgents, c'est le jour de l'an. 

On trouve des nouvelles sur la toile, mais éparpillées. S'il existe une synthèse nationale, je n'ai pas su la découvrir. Lyon Mag : "Métropole de Lyon : près d’une centaine de véhicules incendiés la nuit de la Saint-Sylvestre". Dans le Républicain Lorrain, on apprend que des "groupes de jeunes" ont cherché l'affrontement avec la police près de Forbach. Le Parisien reporte des événements du même ordre dans les Yvelines, et cite un policier : "Toutes les zones sensibles du département ont été impactées, à l’image de Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville, Limay, Les Mureaux, Chanteloup-les-Vignes, Trappes, La Verrière, Les Clayes-sous-Bois et deux voitures ont même été brûlées aux Loges-en-Josas, une commune des plus tranquille [sic]". À Angers, quelques incendies de véhicules, mais "aucun heurt", se félicite Ouest France. Semblable son de cloche pour Sud Ouest, pointant un réveillon "plutôt calme". Tout est dans le "plutôt", car la lecture de l'article nous informe que "quelques voitures ont brûlé du côté d'Agen". Dans la ville de Strasbourg, des policiers blessés, des bagarres, des interpellations et, cela va sans dire, quelques autos parties en fumée. Un journaliste de France 3 Alsace se veut rassurant en citant un policier : il y a eu "des feux de voiture à droite et à gauche, pas plus pas moins qu'avant. Dans l'ensemble, ça a été."

Dans l'ensemble, ça a été : de quoi se plaint Zemmour ?

Article précédent (blog La Taloche)    Article suivant

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

6 février 2022

Match nul : Zemmour et Le Pen à égalité dans le dernier sondage , et les commentateurs estiment que les deux candidats ont pareillement réussi leur grand rassemblement d'hier. Je trouve cette unanimité un rien forcée. Le meeting de Lille fut objectivement une grande réussite - je laisse ici de côté les critiques sur le fond - qui doit beaucoup aux talents d'orateurs de Zemmour. Il s'est surpassé, il faut le reconnaître, et prouve qu'il a su donner une nouvelle dimension à sa posture d'homme public. Son audience est portée par une vague d'enthousiasme que l'on chercherait en vain auprès des partis concurrents. L'exaltation débridée autour du candidat où s'exprime, contre toute attente, une certaine jeunesse, donne raison à ceux qui ont cru en lui quand tout le monde se moquait d'un béjaune promis à être croqué tout cru. Habilement, il annonce reprendre aussi bien des mesures de Macron que de Sarkozy, du moment que ces mesures lui paraissent bénéfi...

29 mars 2022, J moins 12

Zemmour revendique une audience de 7 millions de Français, en 24 heures, pour son rassemblement du Trocadéro. Le total est obtenu en additionnant les audiences des différentes télévisions et chaînes de l'internet et en ajoutant les 100 000 personnes qui se sont déplacées, selon les organisateurs. On ne sait pas trop comment il en conclut que ce sont tous des Français (ou plutôt si, on sait qu'il est tombé une nouvelle fois dans le péché d'orgueil), et il ne peut ignorer qu'une connexion ne représente pas un citoyen. Mais assez de chipotage, je suis le dernier à penser que l'événement fut un échec. 7 millions pour Zemmour ( lien ) Ce succès sert sa défense : l'événement est une réussite si manifeste que seuls des journalistes jaloux, ou empressés à soutenir la Macronie, s'obstinent à déplorer les dix secondes où retentirent les "Macron, assassin", parole aussi regrettable qu'inaudible pour peu que l'on soit juché sur une estrade en plein air...

1er février 2022

"Le son, le bruit, que vous aimez ?" demande Pascal Praud à Éric Zemmour. Là, on se dit que le candidat ne va pas oser citer quelque chanson de variété d'un groupe anglais. On veut croire qu'il aura pris la mesure de la mission dont il s'est lui-même emparé avec tant de fougue, qu'en toute conscience de la nécessité d'inscrire sans combat dans une filiation millénaire, il se sera mis en mémoire quelque grand nom qui fit tant pour la splendeur musicale de notre pays. On prie le Ciel pour voir cet esthète si fier de l'héritage national interroger sa conscience - Madamina, il catalogo ? - pour hésiter un instant entre Auber, Bizet, Couperin, Dutilleux, Escaich, Fauré, Gounod, Hahn, Ibert, Jolivet, Koechlin, Lalo, Milhaud, Niedermeyer, Offenbach, Poulenc, Quinault, Rameau, Satie, Tomasi, Uc de Saint-Circ, Varèse, Widor, Xenakis, Yvain ou Zygel. Et l'on se refuse à admettre qu'il va citer, tout fier de lui, une banalité ressassée comme, disons, le...