Accéder au contenu principal

11 janvier 2022

La blouse ou l'uniforme ? Qu'importe, Zemmour prône le retour de l'habit unique pour les écoliers. Évidemment, ce retour à des principes surannés fait ricaner dans le fond de la classe. L'idée va au-delà de la question vestimentaire. Reconquête veut faire de l'école un sanctuaire dédié à la culture, ou lui redonner ce rôle. On a beau ne pas succomber aux enchantements d'un passé couleur sépia, force est de reconnaitre que l'école d'aujourd'hui est un tel foutoir qu'on ne voit guère comment ça pourrait être pire. Je ne sais pas si l'uniforme, ou la blouse, sont des solutions, mais si l'idée de Zemmour enclenche un début de réflexion, je ne saurai le regretter.

Le premier ministre a réuni ce matin les candidats à l'élection présidentielle pour parler des conditions de la compagne en ces temps de COVID et de sa légion de variants. Zemmour, si l'on en croit le compte rendu qu'il publia ensuite sur sa chaîne, se fit l'ardent défenseur des meetings, si "constitutifs de notre démocratie".


Ensuite, les conditions du vote. Zemmour s'oppose par avance à l'obligation, pour les électeurs, de présenter un passe sanitaire. Là, je pensais qu'il allait enchaîner avec le refus du vote par correspondance, cette hantise importée sous nos latitudes par les trumpistes, persuadés que le procédé, si facile à dévoyer, permit au falot Biden de battre à la déloyale leur champion. Mais non, je suis allé plus vite que la musique, Zemmour se contentant de récuser tout passe, sanitaire ou vaccinal, pour les votants comme pour les assesseurs.

Jean Castex aurait "pris acte" et il ne lui manque plus, selon le candidat, que de rendre publique cette position, afin de l'officialiser auprès de tout un chacun. Tout cela paraît bien anodin et il est étrange que Zemmour ait cru bon de faire une telle communication. Cette ambiguïté s'évapore si l'on conjecture que le chef de Reconquête met ici des munitions de côté en prévision d'un coup bas.

Article précédent    Article suivant

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

6 février 2022

Match nul : Zemmour et Le Pen à égalité dans le dernier sondage , et les commentateurs estiment que les deux candidats ont pareillement réussi leur grand rassemblement d'hier. Je trouve cette unanimité un rien forcée. Le meeting de Lille fut objectivement une grande réussite - je laisse ici de côté les critiques sur le fond - qui doit beaucoup aux talents d'orateurs de Zemmour. Il s'est surpassé, il faut le reconnaître, et prouve qu'il a su donner une nouvelle dimension à sa posture d'homme public. Son audience est portée par une vague d'enthousiasme que l'on chercherait en vain auprès des partis concurrents. L'exaltation débridée autour du candidat où s'exprime, contre toute attente, une certaine jeunesse, donne raison à ceux qui ont cru en lui quand tout le monde se moquait d'un béjaune promis à être croqué tout cru. Habilement, il annonce reprendre aussi bien des mesures de Macron que de Sarkozy, du moment que ces mesures lui paraissent bénéfi...

5 avril 2022, J moins 5

Viktor Orbán triomphalement réélu en Hongrie reçoit les félicitations du Kremlin et critique Volodymyr Zelinsky. On l'a déjà lu, certains commentateurs ou élus français évoquent ouvertement une cinquième colonne poutinienne dans l'Europe démocratique. Le dictateur aurait des relais un peu partout - en Hongrie, donc, en Allemagne, naturellement, et en France : avec Zemmour et Le Pen, il tiendrait deux fers au chaud pour préparer le monde d'après, délivré de l'insupportable tutelle atlantiste et augurant d'amicales coopérations avec la grande fédération de l'Est. Dans ce contexte, plusieurs voix s'étonnent de l'apparition soudaine, dans la dernière ligne droite, du drame qui endeuilla Bobigny, en février. Cette tragédie serait-elle instrumentalisée par des esprits retors et en mission pour l'étranger ? D'un autre côté, comment penser en taire l'horreur, qui soulignerait, si les faits sont avérés, à quel point nos cités sont imprégnées d'un...

4 avril 2022, J moins 6

Les deux éléments les plus saillants du phénomène Zemmour, sa position sur la Russie et son combat contre le grand remplacement, s'exacerbent en cette fin de campagne. Sur les carnages subis par l'Ukraine, Zemmour écrit  : "Les images de la ville de Boutcha révèlent au monde entier des atrocités commises par l'armée russe sur les populations civiles. Nous ne pouvons rester insensibles à ces images. Ces crimes de guerre doivent faire l'objet d'une enquête pour punir les responsables." Est-il sincère ? On veut le croire. Crédible ? Non. Il n'imagine pas une seconde Poutine jugé par la Cour pénale internationale, et le dit sans fard. Alors, "punir les responsables" est une phrase toute faite, creuse comme sa compassion, qu'il sert à on ne sait quels gogos. Les réactions à son message révèlent l'ampleur des sensibilités sur ce massacre : il n'y a pas eu d'atrocités commises par les Russes, d'ailleurs les Russes n'en sont ...